25/05/2019

Android au cœur de la guerre commerciale contre Huawei

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Au cœur de la guerre commerciale initiée par les États-Unis contre le géant chinois Huawei, l’avenir du système d’exploitation mobile Android se trouve incertain. Dans ce contexte, la branche européenne de la Free Software Foundation plaide pour des mesures permettant de pérenniser l’équilibre des écosystèmes mobile.

Le paradoxe d’Android

La FSF dénonce depuis 2012 la situation paradoxale du système Android, dont la base est publiée sous licence libre par Google, y intégrant au passage ses services propriétaires. Un site est même dédié à à la campagne de libération d’Android : « Libérez votre Android ». Elle y dénonce notamment que la seule alternative pour les utilisateurs d’Android qui veulent quitter les services de Google : le passage sur le système iOS, et donc le système propriétaire d’Apple.

La FSF s’est fendue d’une communication particulièrement offensive. Elle appelle à fournir un système d’exploitation doté de logiciels libres, garantissant dans la durée des mises à jour du système d’exploitation et le rendant indépendant des initiatives gouvernementales. Elle enjoint au passage l’Union européenne à investir davantage dans les logiciels libres pour garantir son indépendance vis-à-vis des États-Unis et d’autres états. Elle rappelle : « Il en va de la sécurité des infrastructures critiques européennes ».

La FSF s’adresse aussi aux fabricants de terminaux mobiles. Elle les encourage à intégrer des logiciels libres dans leur chaîne d’approvisionnement afin de se libérer des contraintes imposées par les logiciels propriétaires. Les contraintes sont aussi liées à l’influence des gouvernements. Le cas de Google devant appliquer des lois extraterritoriales décidées par le gouvernement américain face à une entreprise étrangère comme Huawei est un exemple particulièrement visible.

HongMeng OS

De son côté Huawei semble se préparer à une guerre commerciale depuis quelque temps déjà. Le constructeur avait déjà communiqué par le passé sur son propre système d’exploitation : HongMeng OS. Le développement de ce dernier pourrait s’accélérer si la situation entre la Chine et les États-Unis devait perdurer.

Se libérant des services de Google, le système d’exploitation proposerait ses propres applications sur la base open source d’Android. À nouveau, une couche de logiciels propriétaires viendrait sur plomber une couche de logiciel libre. Les utilisateurs ne seraient donc plus à la merci des influences d’un gouvernement américain, mais d’un gouvernement chinois, dont on connaît le respect des libertés individuelles.

Source : fsfe.org

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